Présent.e.s : les SG des 8 organisations syndicales
La réunion a permis de croiser les informations sur les concertations retraites.
L’ensemble des organisations syndicales font de la question du « déficit caché » une ligne rouge. Pas question que le déficit des régimes de retraites soit alourdi avec la compensation de la retraite des fonctionnaires ou des régimes spéciaux, qui doit être payée par l’Etat employeur.
L’ensemble des organisations syndicales partagent également le fait que le périmètre proposé pour les concertations est un problème : à ce stade 6 OS (CFDT/CGT/FO/CGC/CFTC + l’UNSA qui n’est pas représentative) et 4 OP (MEDEF/CPME/U2P + la FNSEA) sont invitées.
Le seul argument du gouvernement est de dire que c’est le périmètre de 2020, mais en 2020 il y avait 6 OP autour de la table, avec également l’UDES et la FESAC.
Pour la CGT, nous avons insisté sur le fait que nous ne pouvions pas laisser le gouvernement choisir ses interlocuteurs et créer des précédents : nous sommes favorables à ce que les 8 OS soient autour de la table car il s’agit d’une question d’intérêt général, ou à défaut les 5 OS et les 3 OP représentatives.
Beaucoup d’éléments restent encore nébuleux ou non arbitrés.
Les réunions commenceraient le 20/02 dans des locaux du ministère de la santé et auraient lieu tous les jeudi présidées par Jean-Jacques Marette, l’ancien DG de l’AGIRC ARRCO.
Pour la CGT, nous avons proposé de travailler des propositions communes de financement, de prise en compte de la pénibilité et d’amélioration des droits familiaux et conjugaux et fait part de nos points d’inquiétudes
- La réforme n’étant pas bloquée, il ne faut surtout pas être enfermés sur 63 ans. Ce serait un recul par rapport à la situation actuelle et cela ne déferait qu’1/3 de la réforme
- A travers le sujet « gouvernance » le patronat veut probablement mettre en place un système à cotisations définies, dans lequel les ressources seraient bloquées et les prestations s’ajusteraient à la baisse.
Une règle d’or qui permettrait par la suite de reporter l’âge de départ en retraite ou de baisser les pensions sans avoir besoin de faire de réforme, et donc d’affronter une mobilisation - Le patronat et notamment la CPME veut parler capitalisation avec l’idée d’ajouter un étage obligatoire de capitalisation, comme ce qui existe chez les fonctionnaires. Ce serait faire rentrer le loup dans la bergerie !
- Le fait d’aller chercher comme financement supplémentaire une augmentation de la CSG, notamment chez les retraités serait une ligne rouge !
L’enjeu est de gagner un bon accord ou une bonne loi.
Nous pouvons nous appuyer sur la PPL qui va être déposée dans la niche du PCF le 5/06 pour ne pas nous enfermer dans le chantage du gouvernement « soit un accord soit la réforme Borne s’applique ».
Nous avons fait part du mandat du CCN de la CGT : organiser une campagne d’information (avec notamment des réunions publiques) et de mobilisation des salariés dans le périmètre unitaire le plus large possible, sans que cela n’acte la rupture de l’intersyndicale.
La FSU et Solidaires ont dit partager cette démarche et la FSU a proposé de commencer par organiser des meetings, ce que nous avons soutenu.
La CFDT, la CFTC et l’UNSA ont dit ne pas avoir chez elles de demande de mobilisation à ce stade. FO et la CGC n’ont pas répondu.
L’ensemble des organisations syndicales ont validé le fait de faire une déclaration commune avant le 8 mars sur les femmes, le travail, l’égalité salariale et les retraites.
5 organisations syndicales sont favorables à appeler à manifester (CGT/CFDT/UNSA/FSU/Solidaires) le 8 mars. Les responsables des questions féministes se réuniront prochainement pour rédiger le ou les textes 8 mars.
Les « négociateurs » retraites se rencontreront pour croiser les analyses et propositions précises. Une nouvelle intersyndicale des SG aura lieu le 21/02 qui permettra de faire le point sur la situation au vu du rapport de la cour des comptes et des décisions de périmètre des concertations.
D’ici là, la CGT doit, conformément à la décision du CCN, multiplier les luttes sur les salaires, l’emploi et les départs anticipés pour pénibilité et faire systématiquement le lien avec la réforme des retraites.
Ce climat revendicatif sera un point d’appui déterminant pour gagner un cadre unitaire de mobilisation sur les retraites. La CEC et le CCN feront le point sur les décisions de l’intersyndicale du 21/02 et prendront toutes les décisions nécessaires pour faire monter le rapport de force et proposer des perspectives de mobilisation avec ceux qui le souhaitent.
Le groupe de travail sur le racisme avance bien et l’initiative du 21 mars se précise. Une conférence de presse sera organisée le 21 mars avec la présence des 8 SG pour présenter notre campagne intersyndicale contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, particulièrement importante après les propos du premier ministre et la circulaire Retailleau.